Exposition « Combattants russes dans la Résistance française »

L’association Projet Russe, en partenariat avec la Mairie du 6e arrondissement et le Consulat Général de Russie à Strasbourg, vous invite à l’exposition « Combattants russes dans la Résistance française » du 5 au 9 septembre aux horaires d’ouvertures de la Mairie du 6e. 

Une exposition unique de photographies et de documents d’archives qui témoignent de la participation et du rôle significatif des émigrés russes et des citoyens soviétiques dans le mouvement pour la libération de la France pendant la II guerre mondiale.

Le vernissage de l’exposition aura lieu le mardi 6 septembre 2016 à 18h30 suivie d’un cocktail proposé le restaurant Sainte Russie.

Une conférence sur le thème de l’exposition se tiendra le mercredi 7 septembre à 19h00 à la Mairie du 6e arrdt. de Lyon proposée par René Barchi, Président d’honneur de l’Association des vétérans du régiment Normandie-Niemen.

La conférence sera suivie du documentaire sur les prisonnières de la mine de Thil « Rodina », l’histoire incroyable d’un bataillon de femmes russes dans la Résistance française. La soirée sera clôturée par une dégustation de thé et de friandises russes.

Venez partager un moment de mémoire et d’histoire !

Expo résistance
René Barchi nous a présenté une synthèse de son travail et de ses recherches sur « Rodina », l’unique détachement féminin de la Résistance française.

Il y a déjà quatre ans maintenant que j’ai traduit un des livres de M. Roman Alexéévitch Yérokhine (Роман Алексеевич Ерохин) « Nos Gamines près de Verdun » (Девчонки наши за Верденом). Le livre est une nouvelle documentaire romancée basée sur des faits réels. Ceci dit, après avoir travaillé sur le sujet pendant plusieurs années, j’ai accumulé suffisamment  de documents, papiers, audios et vidéos (dont 1h40 d’interview de la dernière survivante en 2012) pour en extraire ce qui m’a paru être la vérité historique de l’intrigue romancée du livre.

Venons-en aux faits, Thil (mon village natal) est une petite ville de Lorraine située au coeur du Pays-Haut de l’ex-Lorraine sidérurgique. Elle est toute proche des trois frontières avec la Belgique, le Luxembourg et l’Allemagne. Certaines infrastructures de la ligne Maginot y sont encore visibles de nos jours. Thil a été occupée par les troupes nazies dès le début de la guerre. Sur le territoire de la commune se trouvaient 3 mines de fer. Les nazis avaient restructuré l’une d’entre elles pour en faire un lieu de travaux forcés pour des prisonniers de la lointaine URSS… Dans leur grande majorité, c’était des prisonniers de guerre mais il y avait aussi des civils qui furent déportés à travers toute l’Europe pour être destinés à l’extraction du minerai de fer nécessaire à l’industrie de guerre nazie.

Dans la nuit du 17 au 18 août 1943, se produisit un événement qui allait bouleverser la vie locale. En effet cette nuit-là, les bombardements de la R.A.F. anéantirent le centre de recherche et de production de fusées V1 et V2 à Peenemünde en Allemagne. Les nazis se lancèrent alors à la recherche de sites plus sûrs pour la production de ces fusées. L’une des mines de Thil fut choisie car elle répondait à tous leurs paramètres de production et de sécurité pour en faire une unité d’assemblage de bombes volantes V1,

Parmi les prisonniers soviétiques, il y avait 800 femmes et jeunes filles internées à 5 kms de Thil dans un camp situé sur le territoire de la commune d’Errouville. A l’origine, c’était un camp militaire desservant l’une des infrastructures de la ligne Maginot. Chaque jour à l’aube, sous la garde de SS, elles étaient emmenées à la mine et ne rejoignaient le camp qu’à la nuit tombée. Le 8 mai 1944, grâce aux contacts établis ainsi qu’à l’organisation efficace des résistants locaux FFI/FTP, 37 d’entre elles s’évadèrent de même que 27 hommes. Après une marche soutenue de près de 70 kms réalisée en deux nuits, elles rejoignirent les détachements de partisans français et soviétiques basés dans les forêts denses et escarpées de l’Argonne près de Verdun.

Les hommes furent intégrés dans les unités existantes; quant aux jeunes filles, l’organisation FTP avait prévu de les cacher au sein de familles amies jusqu’à la libération de la Lorraine. Mais elles refusèrent tout net, et après d’âpres négociations, elles obtinrent de former l’unique détachement féminin de la résistance française portant le nom qu’elles avaient elles-mêmes choisi ; « Rodina » (la Patrie). Aux côtés des détachements masculins, elles se sont battues avec bravoure contre les troupes nazies. A la libération, elles ont toutes été décorées par le gouvernement français et deux d’entre elles ont même été élevées au rang de Lieutenant des Forces Françaises de l’Intérieur.

En novembre 2013, « ONT » chaîne TV biélorusse, a dépêché à Thil une équipe de tournage. Son reportage a été diffusé en Biélorussie en mai 2014 à l’occasion du 70-ème anniversaire de l’évasion des jeunes filles. Il existe également une version que j’ai traduite en français que je projetterai lors de la présentation à Lyon du 7 septembre à la Mairie du 6e arrondt. de Lyon.

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